'Funérailles républicaines' et réalité dans la profession

La proposition de loi instituant des funérailles républicaines provoque la controverse chez les professionnels du funéraire

Publié par la rédaction du site · Publié le 08 janv. 2015

'Funérailles républicaines' et réalité dans la profession

La Confédération des Professionnels du Funéraire et de la Marbrerie (CPFM) a pris connaissance de la proposition de loi du groupe socialiste de l’Assemblée nationale, déposée le 9 décembre 2014. Celle-ci propose d’obliger les communes ayant une salle adaptée aux cérémonies d’obsèques à la mettre gratuitement à disposition des familles qui en font la demande. De plus, un officier d’état civil de la commune pourrait être mobilisé pour procéder à une « cérémonie civile », toujours sur demande des familles.

Pour les professionnels du funéraire, qui regrettent vivement de ne pas avoir été consultés par les députés, cette proposition de loi est à la fois inutile et inadaptée.

Inutile, tout d’abord, car le cadre juridique permettant aux communes de mettre gratuitement un espace à disposition des familles pour une cérémonie funéraire existe déjà. En effet, la loi prévoit depuis 2007 cette possibilité dans le cadre d’une autorisation d’occupation ou d’utilisation du domaine public (1), bien utilisée.

Inadaptée car les opérateurs, en lien direct avec les familles, ne rencontrent pas ce problème dans la réalité, contrairement à ce qu’avance son exposé des motifs, qui fait état de « nombreuses » demandes de familles dans l’impossibilité d’organiser des cérémonies civiles. Plusieurs solutions sont accessibles aux défunts souhaitant des cérémonies strictement laïques : les crématoriums comme les chambres funéraires, en plein développement, disposent ainsi de salles permettant aux familles d’honorer leurs proches comme elles le souhaitent. Par ailleurs, la loi oblige les opérateurs, publics ou privés, à fournir l’ensemble du matériel nécessaire aux obsèques (y compris un espace adapté), peu importe qu’elles soient religieuses ou laïques.

Enfin, les professionnels sont très réservés sur la possibilité ouverte aux familles de mobiliser un officier d’état civil pour procéder à une « cérémonie civile » funéraire. En effet, les cérémonies funéraires sont primordiales pour le deuil des proches. Les préparer et les mener est un métier qui ne s’improvise pas, nécessitant une expertise vérifiée par la délivrance d’un diplôme obligatoire. Parmi les missions dévolues aux opérateurs, c’est celle qui correspond le mieux à leur vocation, et la plus importante pour les familles. L’investissement requis sur le plan humain est très lourd, et il n’est pas certain que les officiers d’état civil – également non consultés par les députés – soient prêts à y faire face.

(1) :  Voir loi n° 2007-1787 du 20 décembre 2007.

 

Source: Communiqué de presse de la Confédération des Professionnels du Funéraire et de la Marbrerie, le 23 décembre 2014